Grève de la faim des séquestrés à l’hôtel ziwanya du Covid 19

plus de 6 an(s)

Description

mamadou kalidou ba - arrivés à nouakchott le 16 mars 2020, nous avons été confinés le même jour. le 29 mars nous avions effectué 14 jours de confinement.

alors que nous avions reçu nos attestations de sortie, signées par le dras du ksar, et que nous attendions les voitures de la commission de santé pour nous déposer chez nous (à cause du couvre-feu), la gendarmerie ferme les portes de l’hôtel et nous intime l’ordre de « monter dans nos chambres », cela sans la moindre explication.

c’est aux alentours de 21 heures que nous avons appris par nos propres sources que notre « confinement » a été prolongé d’une semaine supplémentaire au prétexte que l’incubation du virus covid 19 pourrait dépasser 14 jours avec effet de contagion.

nous accusâmes le coup, convaincu que ce prolongement ne se justifiait nullement. nous savions, comme tous ceux qui ont voulu en savoir plus sur ce virus, qu’en europe (france, allemagne, …), aux états-unis et même à côté de nous au sénégal où les praticiens de la santé bénéficient des apports de l’institut pasteur, le confinement imposé à ceux suspectés de porter le corona virus n’a jamais été que pour 14jours. (voir schéma ci-dessous) si dans ce délai, le sujet ne manifeste aucun symptôme c’est que son corps est arrivé à bout de l’infection et, à ce titre, il ne peut plus transmettre la maladie.

qu’à cela ne tienne, avons-nous dit. « faisons contre mauvaise volonté ou négligence, bon cœur ». nous avons donc, sans conviction, accepté de passer à l’isolement une semaine supplémentaire qui porte notre réclusion à 21 jours. voilà que ce matin, lundi 06 avril 2020, les 14 « confinés » de l’hôtel ziwanya se sont naturellement regroupés au rez-de-chaussée de l’hôtel pour enfin rentrer chez nous. c’était sans compter sur l’incompétence notoire des autorités qui ont la responsabilité de notre confinement.

personne ne s’est manifestée à nous jusqu’à 10h 30, ni physiquement, ni par téléphone. face à leur attitude méprisante, nous avons décidé de sortir de l’hôtel pour faire un sit in afin que la gendarmerie, postée à l’entrée de l’hôtel depuis le début de notre isolement, relaye notre doléance s’il ya encore quelqu’un qui décide dans ce pays.

mais jusqu’à 13h 30 aucun émissaire crédible ne nous parvient. au contraire, un cadre du ministère des transports et de l’équipement qui a perdu à nos yeux toute crédibilité de parole arriva pour essayer de ruser pour nous enfermer à nouveau. voyant que personne ne faisait plus attention à elle, il s’engagea dans un autre stratagème…

et c’est cette même personnalité qui va encourager la gendarmerie à faire usage de la force contre nous. aussi nos forces de l’ordre s’adonnèrent à ce qu’elles savent faire le mieux : appeler les renforts et nous obliger par contrainte physique. la seule femme de notre groupe a fait une crise et échappa de justesse à l’écroulement.

nous voilà repoussés dans le hall de l’hôtel. pour protester contre cette déferlante de violence injustifiée, nous avons, après concertation pris deux résolutions :

-entamer immédiatement une grève de la faim jusqu’à notre libération ;

- refuser de regagner nos chambres d’hôtel.

a l’heure où je termine ces lignes, nous sommes tous ensemble, les ventres vides, les corps alités, mais déterminés à conquérir notre liberté et le respect auquel nous avons droit en tant que citoyen mauritanien. l’instrumentalisation de corona virus pour nous opprimer ni fera rien.

 

mamadou kalidou ba, pour les séquestrés de l’hôtel ziwanya.

nouakchott le 06/04/2020.

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